Hervé Télémaque

Un sourire Banania entre au Musée du sourire par le biais d’une oeuvre graphique d’Hervé Télémaque, signée, datant de 1964, au format 25 cm x 25 cm, sur papier Velin de Rives (n°81). « Y’a bon » est la première lithographie du co-fondateur de la Fondation narrative. Elle répond à une commande du critique d’art Jean-Jacques Lévêque qui réunit cinq peintres dans un livre intitulé « Royal Garden Blues » : Hervé Télémaque, René Bertholo, Peter Klasen, Bernard Rancillac, et Jan Voss.

« C’est dans la syntaxe de l’image que le racisme apparaît », commente Hervé Télémaque expliquant son choix pour cette image caricaturale. A gauche, sur la première figure, des lèvres rouges, un sourire aux lèvres, celui d'un tirailleur sénégalais stylisé. On reconnaît la physionomie de la célèbre marque de boisson chocolatée. Dans la déclinaison de ces trois figures, il y a l’idée d’une image animée, le sourire s’efface. Le sourire n’est-il en effet qu’un éclat ?

Une main indique la direction à suivre. Elle entre dans le carré pour pointer du regard. La boîte est un épiscope, cet appareil qui permet de reproduire un motif de façon exacte, au plus près de la réalité, utilisé par l’artiste jusqu’en 1967. C’est le début du vocabulaire pop d’Hervé Télémaque. L’instrument d’optique pour la projection diffuse un aplat en rouge et vert. Les lunettes noires cerclées de blanc sont un indice. Jusqu’où l’horizon est-il occulté ? « Y’a bon » invite à voir le monde autrement. Le clip jarretelle, hors cadre, en est la clé.